Récit du 28 juin
2002, le Havre
Vendredi matin 28 juin 2002 :
La météo téléphonique prévoit 10
à 20 Km/h de NW dans le 76. Sur internet: 40 Km/h prévu
au HAVRE à 14 h. Je tente le coup, départ ,seul, du local
à 11h. Pendant le trajet, le vent est dans la bonne direction
mais je suis persuadé que ce sera trop fort sur la côte.
A Octeville je passe à la tour de contrôle demander l'autorisation
de vol, ils m'annoncent NW 4 m/s moyen. Je mesure au décollage:
20 à 32 Km/h juste dans l'axe, ciel clair, très bonne
visibilité, soleil et cumulus, environ 16°C. Quelques parapentistes
hésitent (trop fort!), certains essayent et disent se faire reculer,
d'autres rentrent chez eux. Moi je n'hésite pas, un pas et c'est
parti.
A 80 m au dessus de la falaise, quel calme ! Quelques tours dans les
thermiques par endroits (100m de plus). Pour ceux qui ne connaissent
pas ce type de vol, c'est très particulier, libéré
complètement de la bataille pour rester en l'air, il n'y a qu'à
se laisser aller. De Octeville à Antifer la falaise, entièrement
sauvage, fait 12 Km sans interruption. Je reste deux heures en vol (deux
aller-retour) occupé uniquement à admirer cette immensité
sauvage, quelques rares promeneurs sur la crête, le paysan qui
fauche son champs, les deux petits lapins qui s'amusent ... C'est une
relaxation totale, presque de la méditation, l'air est d'une
douceur bienfaisante. De temps en temps, pour rompre le calme: piqué,
ressource, virages serrés, presque des wings. L'altitude perdue
est immédiatement retrouvée. A la radio j'entends la balise
du Havre-St Adresse: 14 à 22 Km/h NW, j'entends également
parfaitement la balise de Clécy (NE par moments).
Je décide de me poser au sommet (près de la voiture).
Le champs habituel est en culture, il y en a un autre juste derrière
le décollage mais qui ne me semble pas assez en arrière
pour éviter la zone de turbulence. Je tente tout de même:
vent de cul, virage, ça chute sec et sa remue pas mal, mais avec
de la vitesse je maîtrise bien. Posé correct (un peu sur
les roulettes car il n'y a pratiquement plus de vent au sol à
cet endroit).
Je me dirige vers le bord du champs quand une quinzaine de bœufs
se dirigent vers moi en courant et bien sur je n'arrive pas à
me décrocher. Ils s'arrêtent là, tout près
en demi-cercle autour de moi, je n'en mène pas large (quel proie
facile !). Pendant le repliage (pas question de passer seul les barbelés
et la clôture électrique avec l'aile dépliée)
il sont tout près et j'ai surtout peur pour mon aile, mais tout
se passe bien.
Délicieuses (et abondantes) moules à la crème et
rosé bien frais au restaurant de la plage.
Elle est pas belle la vie ?
Michel MOUSSIER |